Célébrités converties et simples adeptes
Depuis le XIXe siècle, penseurs, artistes et scientifiques occidentaux sont de plus en plus nombreux à se tourner vers le bouddhisme

Davantage sympathisant que pratiquants, ils s’épanouissent spirituellement dans des valeurs telles que l’altruisme, le pacifisme ou la tolérance.
Ainsi le monde des lettres fut-il le premier à adopter cette « nouvelle » spiritualité. Le philosophe allemand Arthur Schopenhauer (1788- 1860), qui vanta les vertus d’un détachement de la volonté individuelle, était fervent de Bouddha.
Tout comme l’autre grand philosophe allemand qu’il influença : Friedrich Nietzsche (1844 - 1900).
Ou encore le romancier suisse Hermann Hesse (1877 - 1962).
Le monde des arts et du cinéma compte son lot de fidèles.
Déjà le peintre et sculpteur français Henri Matisse (1869 - 1954) reconnaissait l’influence du bouddhisme sur sa vie. A l’instar de célébrités plus « proches » de nous, telles que l’actrice Charlotte Rampling ou l’acteur américain Richard Gere, tout acquis à la cause du dalaï-lama.
De même, le cinéaste français Jean-Jacques Annaud : « Ce que j’aime dans le bouddhisme, c’est cette aptitude à fuir les systèmes de pensée figée. » L’auteur de La Guerre du feu, L’Ours, Les Ailes du courage ou encore de Sept ans a u Tibet y retrouve « un esprit de sagesse paysanne que j’aime beaucoup. »
L’univers du spectacle et du show-business n’est pas en reste.
La chanteuse américaine Tina Turner est une adepte de la Soka Gakkai. Moins tapageur, Yves Duteil ne cache pas sa forte sympathie pour le lamaïsme. Tout comme le chanteur Dick Rivers : « La religion qui ressemble le plus à ma croyance est sans conteste le bouddhisme. Je la perçois comme une philisophie saine et naturelle. C’est la religion de l’espoir. »
La liste, qui ne saurait être exhaustive, doit néanmoins comporter le nom du grand médecin Albert Schweitzer (1875 - 1965), ou encore de Danièle Mitterrand .
Sans oublier Fabien Ouaki , le PDG du groupe Tati : « A la fois bouddhiste, juif et français ! Je suis avant tout un chercheur de vérité. »
Richard Gere sort de sa réserve
Vendredi, sur le site de l'enseignement bouddhiste, l'acteur américain Richard Gere a revêtu son costume de star pour présenter un film d'une dizaine de minutes retraçant l'histoire (connue) de "L'enfant volé du Tibet". Un film pour mieux faire percevoir le drame qu'est en train de vivre le peuple tibétain depuis l'invasion par la Chine, car l'acteur est aussi Président de la Campagne Internationale pour le Tibet.
« Aujourd'hui, après trois jours d'enseignement, je crois que nous sommes tous des frères et des soeurs du lama. Quand l'enseignement commence, nous sommes des étrangers mais vient ensuite une étrange sensation, la sensation d'être frères. Je partage donc tout cela avec vous et je voulais que l'on inclut tous les Tibétains dans nos prières ».
(Midi Libre, 23.09.2000)
Richard Gere a finalement effectué le déplacement. Il passera la semaine en retraite au centre d'enseignement de Lérab Ling, assistant dans la journée aux enseignements du Dalaï Lama.
Yannick Noah était aussi présent sous la tente d'enseignement, au côté de sa mère. On notera aussi la présence de Véronique Jeannot, ainsi que d'un des chanteurs du groupe de rap Beastie Boys. Un groupe qui avait donné il y a quelques années aux Etats-Unis un concert en faveur de la cause tibétaine.
Matthieu Riccard, bouddhiste et proche du Dalaï Lama
Depuis que le 14e dalaï-lama lui a accordé en 1989 « la bonne fortune » d’être son interprète officiel, Matthieu Ricard accompagne le chef spirituel et moral du Tibet à chacun de ses séjours en France. Tous deux se rencontrent également de façon assez régulière à Dharamsala où le guide Tenzin Gyatso s’est réfugié au lendemain de sa fuite de Lhassa, le 17 mars 1959.
Après s’être nourri des enseignements du grand maître rimpotché Khyentsé auquel il a consacré le superbe livre L’esprit du Tibet (Seuil 1996), Matthieu Ricard, âgé de 54 ans, s’est définitivement fixé en Inde dès 1972 l’année même où ce chercheur de l’institut Pasteur obtenait, sous l’autorité du prix Nobel François Jacob, un doctorat d’Etat en biologie moléculaire lui ouvrant une prestigieuse carrière scientifique.
Après un séjour au Bouthan, le fils de l’académicien, philosophe, écrivain et éditorialiste Jean-François Revel avec lequel il a conversé sur le sens de la vie dans Le moine et le philosophe , a été ordonné moine bouddhiste en 1978.
Pour l’heure, il est établi au monastère de Shechen à Bodnath, au nord de Katmandou (Népal). Là, il poursuit inlassablement ses études et la quête de son kharma, avec entr’autres activités, la traduction de textes anciens tibétains, parmi les trois cents volumes abrités à Shechen.
Photographe de talent d’ailleurs invité de la précédente édition du festival "Visa pour l’image" à Perpignan, Matthieu Ricard est également l’auteur du livre réservé aux moines-danseurs du monastère de Shechen (Albin Michel, 1999), perpétuant avec tant de générosité l’oeuvre de méditation et de partage d’un bouddhisme tibétain ouvert vers les communautés laïques.






