JO: Nicolas Sarkozy sera présent à Pékin
Le président français Nicolas Sarkozy a confirmé mercredi 9 juillet sa participation attendue, et déjà critiquée, à la cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques de Pékin le 8 août.
Le chef de l’Etat a livré la primeur de sa décision à son homologue chinois Hu Jintao, qu'il a rencontré au matin de la journée de clôture du sommet du G8 à Toyako. Avant d'en informer la presse par un simple communiqué, distribué avant la fin de leur entretien.
« Le chef de l'Etat a consulté à ce sujet l'ensemble de ses homologues européens. En accord avec eux, c'est donc en sa double qualité de président de la République française et de président en exercice du Conseil européen que le président Sarkozy assistera à la cérémonie », précisait ce communiqué.
A la suite du passage mouvementé de la flamme olympique dans les rues de Paris début avril, en plein crise tibétaine, Nicolas Sarkozy n’excluait pourtant pas un possible boycott de la cérémonie d’ouverture. « J'adapterai ma réponse aux évolutions qui auront lieu je l'espère le plus rapidement possible. Je ne ferme la porte à aucune éventualité », avançait-t-il à l’époque.
"Ne pas boycotter un quart de l'humanité"
Dès le lendemain de cette annonce, Daniel Cohn-Bendit a vivement réagit face au président de la république française, à l'occasion du discours de ce dernier sur la présidence française de l'Union européenne, au parlement européen de Strasbourg.
« Vous allez manger avec des baguettes avec le président chinois pour ouvrir les Jeux Olympiques. Bon appétit! » s'est écrié l'euro député, qui portait le tee-shirt de Reporters sans frontières représentant les anneaux olympiques en menottes. « Moi, je penserai à tous les prisonniers qui croupissent dans les prisons chinoises, je penserai à tous ceux qui sont arrêtés, je penserai à tous ceux qui sont maltraités au Tibet. Vous aviez une occasion en or de défendre les valeurs européennes de démocratie et de la liberté, en disant Je ne participerai pas à la mascarade du parti communiste chinois ! ».
« Je comprends votre émotion, je la ressens également », a répondu Nicolas Sarkozy, précisant « Je ne pense pas qu'on peut boycotter un quart de l'humanité ». Le président français a ensuite expliqué qu'il se rendait également à la cérémonie pour y représenter l'Union Européenne, puisqu'il en assure la présidence pour les six prochains mois : « J'ai reçu de tous les Etats membres un accord pour me rendre à la cérémonie des Jeux olympiques (...) Je veux y aller et je veux parler. Je défendrai donc la question des droits de l'Homme. »
Ensemble Contre la Peine de Mort ne faisait pas parti des associations appelant au Boycott des Jeux olympiques. Par contre l'association réclame une politique ferme. Ne pas se rendre à la cérémonie d'ouverture aurait pu constituer un geste fort.
Antoine Deshusses






